Mon silence est du aux heures passées à coller tous ces coquillages, pierres et mosaïque dans le jardin intérieur. J'en rêve la nuit. Cet endroit est devenu un refuge, le poumon de la maison. Je suis heureuse d'avoir mis en pratique une intuition que j'ai depuis longtemps que l'avenir de la construction passe par introduire davantage de végétaux dans la maison pour remplacer le plus souvent possible les ventilateurs et autres airs conditionnés ruineusement énergivores, sans parler d'esthétique ou de plaisir tactil.
J'ai d'autant plus besoin de cet espace de repos que les nouvelles qui nous arrivent sont chargées d'hostilité ou de menaces. Nous vivons le syndrôme de Cassandre, avoir raison en pleurant et regarder le monde brûler. Heureusement, il y a toujours le cocon familial et nos petits clowns qui inventent tous les jours une nouvelle histoire. Eloïse a décidé de nous mettre sur la paille et grandit tous les jours, je suis convaincue qu'en la fixant une heure entière je pourrais voir son squelette se développer ! Elle n'a perdu ni de son insolence, ni de sa superbe mais a découvert cette année, le pouvoir infini de la tendresse. Elle passe son temps à nous coincer dans des câlins maladroits mais volontaires qui nous couvrent de bleus mais nous mettent du baume au coeur. Maxou perd ses dents et emploie son énergie à inventer de nouvelles règles pour les achats de la petite souris à laquelle il a décidé de croire aussi fermement qu'au Père Noël. Il a fallu lui expliquer que la pauvre bête ne pouvait porter plus gros que son propre poids, l'empathie de notre fils a fait le reste il a gobé le conte sans sourciller. Comme sa soeur, il s'est mis en embuscade et n'a pas résisté plus de 10 minutes.
Et pendant que nos enfants vivent dans l'innocence de leur été, des criminels ont mis le feu aux forêts environnantes et ont recouvert toute la zone d'un nuage noir annonciateur selon Maxence de la fin du monde.

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