En plus des compagnies aériennes, j'ai une mâchoire contre un corps de métiers : les banquiers. Non aucune démagogie d'extrême gauche, rien de révolutionnaire contre le grand capital non plus. Je n'ai jamais supporté d'avoir à payer et à m'expliquer pour utiliser mon propre argent. Pas la peine de m'envoyer un long rappel de leur utilité aux fil des siècles, j'ai fait du droit bancaire et j'ai subi comme les autres le cours sur les lettres de change, les banquiers des foires, les Medicis et tous les marchés secondaires.
En théorie, je comprends le besoin d'échanges fluides, de reconnaissance de valeurs, de monnaie. En théorie. En pratique, j'ai plus de mal. Déjà le fait qu'on ne puisse pas se passer d'un compte bancaire me hérisse le poil. Oui c'est plus sûr et les oeufs mis dans le même panier magique font des petits à leur tour. Certes. Mais le but n'est pas de nous protéger mais de protéger nos créditeurs. Ils peuvent se saisir à la source. L'Etat lui même en tire un bénéfice. Rien qui ne soit justifié pas de revenus non déclarés, de donation, TOUT est suivi. Quel bonheur, surtout quand c'est le contribuable qui paie. Je m'étais beaucoup intéressée en France aux SEL. L'idée d'échanger un maximum de choses me paraissait une bonne alternative. Les problèmes juridiques qu'ils ont connus sont une bonne illustration de la peur de la perte de contrôle de l'Etat. Avec les échanges où passent la TVA, le contrôle de la valeur ?
Ma répulsion des banques est née d'un incident mineur. J'avais ouvert un compte étudiant et mesurant mal les délais d'encaissement m'étais retrouvée à découvert de 100 francs. Découvert théorique puisque les chèques déposés dormaient dans le ventre du coffrefort de la banque depuis deux jours. La responsable de mon compte m'avait appelée "pour résoudre mon problème". Avant de parler avec elle, j'avais fait un dépôt en liquide pour "régler le problème". Je pensais qu'elle serait contente, elle ne l'était pas. Voyez-vous, elle voulait que je lui prenne un crédit pour couvrir mes découverts et je m'obstinais à ne pas en avoir. Vous êtes le compte le moins rentable de la banque m'a-t-elle dit. Sur le moment je suis restée sans voix, choquée. Et en sortant, j'étais très fière. J'étais le compte le moins rentable de l'agence. Et je me suis donné comme mantra de rester le compte le moins rentable des agences, ne prenant quasiment aucun crédit sauf immobilier et ne dépensant que ce que j'avais. C'est-à-dire pas grand-chose. Bien sûr, je me suis compliqué la vie mais j'ai toujours eu peur de mettre le pied dans un engrenage que je ne pourrais maîtriser. Et je reste choquée comme au premier jour quand les banques nous affirment cyniquement que leur métier consistent à nous endetter toujours plus. Où est la morale sociale d'un tel système ?
Les derniers événements économiques ont achevé de me donner la nausée. Scandale après scandale nous découvriront l'absence de contrôle et l'immunité quasi totale des responsables. Où est notre sécurité ? Combien d'impôts nous faudra-t-il payer pour combler des pertes abyssales ? C''est dans cet état d'esprit que je me retrouve face aux banquiers chiliens. Qui se réfugient derrière le contrôle international pour mener une vie d'enfer aux investisseurs étrangers. Pas surprenant que ce soit le Pérou qui mène la barque loin devant le Chili pour l'investissement. Tous les expatriés que nous connaissons se retrouvent sans chèque, ni carte. Parce qu'un compte courant ici est associé à du crédit et nous sommes trop risqués. Mais nous ne voulons pas de crédit ! C'est encore pire me répond la banquière vous ne serez jamais un bon client. Et c'est reparti. Alors que les faillites personnelles s'accélèrent ici aussi, les banques poussent du crédit comme la solution ultime. Ne serait-il pas temps d'encourager des comportements plu sains ? Et pour ajouter l'injure à l'incompétence, il leur faut souligner que nous sommes soupçonnés de traffic. Ne serait-ce pas plutôt notre tour de réclamer des comptes, de vérifier leur stabilité financière et les investisssements qu'ils ont fait récemment ? S'ils ont de bonnes raisons de penser que l'argent est sale qu'ils demandent un contrôle sinon qu'ils cessent leur attitude arrogante. Mais ne vous iqnuiétez pas quand vous aurez la propriété de la maison, nous serons plus ouverts à la discussion. Eux peut-être mais pas moi. Et je suis repartie en me disant que ça finirait pas être sur ma tombe : ci-git l'élément le moins rentable...
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