Au gré des vacances, des rencontres et des maestros qui desserrent les dents maintenant qu'ils ont confiance, nous apprenons le fin mot de toute l'histoire de Calina. J'aimerais ne rien savoir mais je sais d'expérience qu'une relation aussi infectée me menace de gangrène relationnelle. Je l'avais allégée d'une partie de sa responsabilité au prétexte de son ignorance. J'ai appris par hasard que je me trompais complètement. Elle savait presque dès le premier verre que son mari avait repris la boisson. Elle l'a laissé aller sur un chantier se mettre lui et ses collègues en danger et a choisi de ne pas nous en parler pour l'argent qu'il lui remettait au début du mois. Il n'y a donc pas d'erreur possible, elle n'ignorait rien de ce qui l'attendait.
Sa loyauté ne lui a servi à rien, un mois après son témoignage au procès ils se séparaient. Alors qu'ils touchaient en aide le montant du loyer, ils ont choisi de ne pas payer et ont été expulsés. Elle est partie chez sa mère avec les deux enfants, il s'est installé chez sa maîtresse qu'il avait depuis plusieurs mois. Calina était au courant également de cette liaison. C'était le détail qui me titillait depuis plusieurs semaines et que j'avais besoin de comprendre pour ranger la pochette qui contient les décisions de Justice et ne plus jamais penser à elle. Pourquoi a-t-elle plus menti que lui défendant contre toute attente un menteur adultère et alcoolique? Je ne comprenais pas son obstination, ni son regard vide, ni la somme de mensonges plus gros qu'elle. Ils avaient un accord, il lui avait promis une bonne partie de l'argent qu'ils pourraient me soutirer. En cadeau d'adieu en quelque sorte. Elle n'était pas manipulée, si l'amour ne l'aveugle pas, l'odeur de l'argent, en revanche, la rend capable de tout. Je ne lui en veux pas. C'était une réaction idiote qu'elle croyait de survie. Je pense sincèrement qu'elle s'est rendue compte depuis qu'elle avait été l'unique dindon de la farce. Le juge l'avait bien dit à mon avocat avant la négociation, en lisant son dossier il n'avait aucun doute que cette femme finirait un jour ou l'autre dans la rue, essayons d'adoucir sa chute avait-il proposé. J'ai toujours défendu la liberté de choix, son attitude était consciente et volontaire, elle en assumera les conséquences. Ses enfants également malheureusement.
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