En curieuse harmonie avec l'actualité, nous avons regardé récemment deux films sur la réalité économique américaine. Company men, des cadres qui se trouvent licenciés et sombrent dans le chômage longue durée; situation quasi inconnue auparavant aux USA. Le plus frappant était qu'en quelques mois, ils perdaient tout car tout étant payé à crédit, ils ne possédaient absolument rien en propre. Le film fini plus ou moins bien, car le rêve américain ne peut pas être complètement piétiné à Hollywood mais le coeur n'y est pas. Nous étions sortis de cette séance angoissés, conscients d'avoir vu davantage un documentaire qu'une fiction. Nous avons des connaissances qui sont actuellement dans des situation similaires. Et inutile de dire après, nous vous l'avions bien dit, le crédit consomme le Chili de l'intérieur et si j'en crois les JT le surendettement des ménages français est un sujet en constante progression. Nos sociétés respirent au rythme des banques et des notes de crédit. C'était le cas hier soir où tout le monde retenait son souflle devant la possibilité d'un lundi noir. Rendez-vous compte les traders étaient rentrés en toute urgence de vacances au cas où.. Et nous pauvres péons nous croisons les doigts pour que, de nouveau, ne s'essouflent pas nos économies déjà pas folichonnes. Hier soir devant la télévision, j'avais le même malaise qu'à la fin du film. Il y a plus que quelque chose de pourri dans le royaume de la finance, tout est rongé.
Le deuxième film ne m'a pas remonté le moral : Social network. Une biographie du fondateur de Facebook. Ou comment LE réseau social mondial a été créé par une bande de nerds pas vraiment sympathiques et incapables de nouer une quelconque relation sociale. Mais la pathologie des personnages n'est pas le plus inquiétant. Après tout, rien ne nous oblige à utiliser leur produit ni à les aimer en le faisant. Non le plus inquiétant est l'importance que nos sociétés accordent à des produits de peu d'intérêt. Quand je vois les millions dégagés pour des réseaux sociaux ou des applications de smartphone, j'ai le coeur en berne. C'est bien que nous ayions des téléphones de plus en plus efficaces, mais il ne s'agit pas d'une révolution technologique. N'y-a-t-il pas des domaines de recherches où nous pourrions investir autant d'argent pour obtenir infiniment plus de progrès dans nos sociétés ? Et nous pourrions tout autant utiliser des téléphones qui ne font pas le café mais qui portent la voix, ce qui, au final est leur propos. Une des définitions du kaliyuga est la direction des hommes par de bas intérêts. Nous sommes entrés dans une ère de divertissement, de satisfaction immédiate et de peu de moralité. Mais bon, comme tout ère tout cela finira un jour, le plus vite serait le mieux quand même.
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