En partant ce matin, je me disais que je serais bien restée au lit. Mais bon j'avais promis de payer aujourd'hui et je tiens toujours mes promesses. Dans le bus, nous écoutions la cérémonie de changement de présidence quand le programme a été interrompu pour nous décrire le séisme qui avait lieu en direct. Comme le bus est sur le point de tomber en pièces, il tremble tellement naturellement que nous n'avons rien ressenti. J'ai donc pensé que je m'étais trompée et que tout ceci avait lieu ailleurs. En sortant du bus, je me dirige résolument vers la banque et manque d'être renversée par les employés qui fuient. Un carabinier en moto s'arrête devant moi, fuyez me dit-il tout droit sur la colline !
Je ne suis pas téméraire, je suis partie vers la poblacion au-dessus au milieu des fauteuils roulants, des vieillards avec leur canne et des clientes des salons de coiffure avec la couleur sur la tête. Un ouvrier du bâtiment tenant à deux mains son casque me bouscule, courrez courrez la vague est derrière. Là je dois avouer que j'ai une poussée d'adrénaline à l'idée de milliers de litres d'eau froide et salée arrivant derrière moi. Je trouve le courage de me retourner et, bien sûr, il n'y a rien. Dans le doute, je continue de monter et m'arrête à 30 mètres en hauteur près d'une crèche et d'une église évangéliste. Le pasteur distribue de l'eau, les femmes enceintes s'asseyent près des nounous. Les voitures arrêtées en pente tombent en panne les unes avec les autres. Si nous ne mourrons pas du tsunami nous mourrons de la pollution commente mon voisin impassible. Une Jehova raccole dans la foule, c'est peut-être le moment de rencontrer le seigneur me dit-elle. Je suis prise d'un fou rire nerveux impossible à contrôler, je m'éloigne de quelques mètres.
Un jeune père avec son nourrisson me passe sa radio, j'apprends que le risque est minime. Je commence à entreprendre le chemin du retour rencontrant des Anglais perdus sans comprendre un mot. Un SMS par nouvelle location pour qu'Olivier me suive à la trace. La ville est vide. Les bus refusent de passer au bord de la mer. Un téméraire me laisse monter. Vous regardez la mer moi je conduis et vous m'alertez. Nous filons à toute bringue vers Renaca. Je suis à la moitié du chemin et commence à monter vers les collines. La pente est rude j'ai les jambes qui flageollent. Des SUV flambants neufs et vides nous doublent, une voiture toute brinquebalante s'arrête. La conductrice s'avère habiter près de chez moi, elle m'emmène faisant un détour par le collège de Lolo pour vérifier que la situation est sous contrôle là-bas. Je préfère laisser Eloïse avec ses amis, le collège est à plus de 50 mètres en hauteur elle ne risque rien.
Je fais les derniers 50 mètres au pas de charge pour retrouver Tatiana en larmes et Maxence un peu agacé de n'avoir pas pu aller à l'école ce matin en raison d'une coupure d'eau !
L'alerte sera levée dans quelques minutes, des valises sont prêtes, la gerbille est près de la porte. Le pire est passé. Bon c'est bientôt fini là ce bordel ?
oui cela devient stressant aujourd'hui...cela n'arrete pas...en tout cas contente d'avoir de tes nouvelles....
Rédigé par : rachel | 11/03/2010 à 15:23
Bon Dieu ! Ça fait combien de temps maintenant que vous vivez avec la tremblotte… Faut avoir le cœur bien accorché !
Rédigé par : Akynou | 11/03/2010 à 17:03
Oh là là Sophie mais quel stress !
Je vous souhaite que cela s'arrête enfin, et que vous puissiez à nouveau marcher sur des chemins plus stables.
Rédigé par : Valérie de haute Savoie | 11/03/2010 à 17:10
Ho Jésus, Marie, Joseph, je viens de faire pipi dans ma culotte rien qu'à te lire... Déjà que Xynthia m'a laissée comme une chiffe molle, là, c'est même pas la peine... Pauvre de vous !
Rédigé par : ciboulette100 | 11/03/2010 à 17:40
Oui, mais ça continue à bouger chez vous – c'était assez marrant de voir les têtes des présidents Morales et Garcia lors de l'inauguration – ils regardaient rouler le plafond apparemment. Content de vous retrouver tous toujours en bonne forme. Ça ne sert pas à grand'chose, je sais, mais on pense à vous. Et la terre s'apaisera un de ces jours, je suppose.
Rédigé par : Édouard | 11/03/2010 à 17:40
Bon sang, comme si c'était pas assez dur pour vous et les Chiliens, v'là ti pas que les Jéhovah se mettent à rôder comme des corbeaux attirés par la mort !
Rédigé par : PMB | 11/03/2010 à 18:41
oh tu as change ton post didonc ou j'ai trop lu vite ce matin...mais toujours aussi flippant...
Rédigé par : rachel | 11/03/2010 à 23:29
Oh! Là, là Sophie. Toutes ces répliques doivent te rendre folle! J'ai vu l'inauguration du nouveau président. On peut voir la détresse des invités. Je souhaite de tout coeur que cela s'arrête pour ton bénéfice!
Rédigé par : Anne-Marie | 12/03/2010 à 02:10
pfff ça ne finira jamais ??????
contente de savoir que tu vas bien
je crois qu'il n'y a pas eu trop de dégâts hier ????
Rédigé par : Anne Marie | 12/03/2010 à 04:10
c'est hyper flippant
et franchement c'est très très bien écrit, je te tire mon chapeau, on s'y croirait, brrrrrrr
tu es vraiment courageuse, j'aurais fais comme ta mère et je serais barrée depuis longtemps, à ta place!
Rédigé par : a n g e l | 12/03/2010 à 08:42
Vraiment flippant. J'espere que ca va aller en mieux maintenant...
Rédigé par : MimienAquitaine | 12/03/2010 à 10:55
le Chili aurait il la maladie de Parkinson? a trembler comme cela.
Courage je ne sais comment vs faite tous pour garder le moral.
Rédigé par : irene | 12/03/2010 à 12:23
Je t'embrasse courageuse Sophie.
Rédigé par : Fauvette | 13/03/2010 à 20:29