Ca commence tout doucement comme une vulgaire secousse. Premier palier de 10 secondes, je ne sors pas du lit tout en pensant aux parents qui vont finir par être réveillés. Deuxième palier plus fort, troisième palier tout tremble. Olivier est déjà sorti de la chambre près de la poutre porteuse et coupe l'alarme. Je bondis du lit et me souviens que n'ayant pas trouvé mon pyjama la veille, je suis à moitié nue. C'est bien le jour tiens. Je pense aux parents auxquels j'avais donné des consignes strictes au cas où. Rester dans un triangle de survie. Le bruit est effrayant en lui-même un grondement sourd et du verre, beaucoup de verre. Ecoute les baies vitrées me dit Olivier. Non je crie, nous avons payé le reliquat la semaine dernière ! Oui comme si la terre allait m'écouter. Nous en sommes au moins au 5ème palier rien ne semble mettre un terme au phénomène. Un arc de lumière et c'est la lune rousse qui éclaire les dernières secousses. Et nous nous regardons hébétés dans le silence brutal. J'ai les jambes qui tremblent tellement, que j'ai peur de tomber. Olivier file chercher les parents et Max en bas. Je monte chercher ma soeur et Lolo en haut. Tout le monde est horrifié mais en vie sans blessure. Rien n'est cassé, les baies vitrées de l'étage gisent dégondées mais entières sur le sol. Nous avons les lampes de sécurité, elles nous permettent de balayer trois verres cassés et une bouteille de vin qui ont glissé depuis le bar sur le sol. Réunion dans le salon, remplissage des seaux d'eau en cas de coupure. L'odeur de gaz nous affole, nous courrons couper l'alimentation et les chauffe-eau. La mer est étrange et l'hôtel en bord de falaise envoie ses clients sur le toit. Nous nous en étonnons, ignorant que le tsunami est annoncé.
Je me souviens d'un documentaire que j'ai vu récemment et envoie des SMS au lieu d'essayer de téléphoner. Je n'ai pas d'abonnement international, ils ne passent qu'au Chili mais déjà trois heures après nous avons quelques réponses. Olivier s'était promis de faire une bonne nuit. Ce n'est pas un vulgaire tremblement qui va nous arrêter, nous retournons nous coucher.
Dormir c'est beaucoup dire les répliques se succèdent achevant de terroriser ma mère qui est toute blanche le lendemain matin. A 8 heures nous avons de l'électricité, nous sortons pour savoir ce qui se passe, découvrir la plage jonchée de débris et apprendre le désastre. Nous descendons à Renaca. Un immeuble achève de brûler, les vitrines ont explosé personne n'a d'électricité. Par chance le marché est ouvert et nous faisons le plein en attendant de savoir dans quel état est le pays. Les stations services sont prises d'assaut et les Santiaguitais quittent les hôtels en courant pressés de rentrer chez eux. Quelques appels passent et nous pouvons contacter un ami à Santiago pour qu'ils emailent joli papa dont ils ont l'adresse. Entretemps les sms depuis le téléphone de ma soeur passent en France et nous prévenons rapidement la famille. Mon obsession est de ne pas ralentir le travail de recherche des ambassades avec des personnes bien en vie. Les répliques se succèdent toute la journée. Nous croisons des zombies en état de choc sur la plage où nous emmenons les enfants pour les distraire un peu. Nous n'avons toujours pas la télé et la radio chilienne parle de pillages et de désastre. Ici tout est calme, Tatiana pleure au téléphone sa maison est ravagée mais elle va bien. La nuit est tranquille, les secousses sont douces mais fréquentes. Nous remontons les baies vitrées laissées au sol et nous les amarrons correctement. J'ai retrouvé mon pyjama et les enfants se couchent bien volontiers.
Ce matin, le journal nous montre les premières photos, nous n'en revenons pas. L'aéroport est fermé, nous avons toujours de l'eau mais les coupures auront lieu cette semaine. L'école de Lolo repousse la rentrée à mercredi. Nous avons trouvé des distributeurs d'argent et, miracle Internet est présent. Nous sommes très choqués de la chance que nous avons eue. Merci de tous vos messages....
Si des Français au Chili lisent ce blog et sont paumés dans la région qu'ils n'hésitent pas à nous contacter. Nous les aideront si possible...
quand j'ai entendu sur les chaines info qu'une série d tsunamis avait "ravagé toutes les villes côtières jusqu'à la hauteur de santiago", j'ai tout de suite pensé à ta maison très proche de l'eau :z
C'est incroyable cette chance que vous avez eu, chez moi on dit " vous êtes passés par une belle porte !"
Contentecontentecontente que tout se termine comme cela, et bon courage pour ce qui est de la désorganisation qui va suivre ces prochaines semaines...
Rédigé par : krysalia | 28/02/2010 à 21:09
Punaise quelle flippe!
Je suis plus que ravie que ni vous ni la maison n'aient été touchés. Merci à votre bonne étoile!
des bises
je pense bien fort à vous :)
Rédigé par : a n g e l | 28/02/2010 à 21:46
oui c vraiment ce que j'ai vecu...les nuits font etre difficiles quand meme....en tout cas vraiment contente de lire que tout va bien...quand meme
Rédigé par : rachel | 28/02/2010 à 22:25
Je suis heureuse et soulagée de vous savoir sains et saufs - et la maison intacte. Vous l'avez bien choisie, apparemment!
Autour de vous, il doit y avoir tellement de dégats... Le Chili n'a pas fini de se sortir des gravats. Bon courage!
Rédigé par : Lola | 28/02/2010 à 23:32
Heureux de vous savoir sains et saufs – bises de New-York.
Rédigé par : Édouard | 28/02/2010 à 23:32
Ouf, je suis bien soulagee pour vous!
Rédigé par : a l'ouest | 01/03/2010 à 00:45
Magnifique témoignage, avec beaucoup de recul. Courage !
Rédigé par : Luc | 01/03/2010 à 01:32
Ouf !
J'avoue que le souvenir d'une photo présentant une maison plantée sur des piliers jaunes m'éveillait comme des craintes (silence radio sur le blog... il a été ferraillé comment ce béton ? coulé aux normes ?...).
Et puis, je ne me voyais pas aller porter des chrysanthèmes au bout du monde.
Rédigé par : Jack M. | 01/03/2010 à 02:30
soulagée de vous savoir tous sains et saufs. Je vous souhaite beaucoup de courage.
Rédigé par : Marylène | 01/03/2010 à 02:42
Ouf, je suis rassuré pour vous. Dès l'annonce de la catastrophe, je suis venu plusieurs fois sur le blog pour avoir des nouvelles, en vain. Portez-vous bien, courage !
Rédigé par : Fabrice | 01/03/2010 à 02:58
Content de savoir que vous allez bien.
Bon courage pour la suite.
Rédigé par : Carlos | 01/03/2010 à 03:09
Très contente d'avoir de tes/vos nouvelles et de vous savoir épargnés, je suis de tout coeur avec les Chiliens.
Rédigé par : ImpasseSud | 01/03/2010 à 03:52
Heureuse de savoir que tout va bien pour vous. Vous êtes les seules personnes que je "connais" au Chili et moi aussi, j'ai tout de suite pensé à vous. Prenez soin de vous.
Rédigé par : Nathp | 01/03/2010 à 04:06
très contente de ces bonnes nouvelles pour vous
mais pourquoi les médias qui nous on innondées d'infos pour haïti, parlent à peine de ce nouveau séisme ???
je crois que le gouvernement chilien a pour le moment refusé l'aide internationale mais quand même ???????????
amitié
Rédigé par : Anne Marie | 01/03/2010 à 04:34
je suis venue plusieurs fois depuis l'annonce du séisme et je commençais à m'inquiéter pour vous et votre famille.
heureuse de constater que vous allez bien.
une fidèle qui commente rarement...
Rédigé par : Aline | 01/03/2010 à 05:07
Contente de savoir que tt va bien :)
Rédigé par : Arkadia | 01/03/2010 à 05:09
Merci pour ces nouvelles ... ouf ouf.
Rédigé par : claire | 01/03/2010 à 05:10
Bonjour Sophie,
Ton post d'aujourd'hui me rassure beaucoup, surtout après avoir vu les reportages sur ce qui s'est passé...
Bon courage à vous tous
Loïc
Rédigé par : Loïc | 01/03/2010 à 05:12
bonjour, quelle drôle de chose que la blogosphère! je vous suis jour après jour sans vous connaître, et voilà qu'apprenant le tremblement de terre au Chili, ma première pensée a été pour vous, pour votre maison sur la falaise, comme si vous étiez de ma famille...
J'en profite pour vous dire combien j'aime votre chronique.
bb84
Rédigé par : elizabeth chevalier | 01/03/2010 à 05:19
Merci pour les news, gros soulagement, bises
Rédigé par : béa | 01/03/2010 à 05:27
J'ai tout de suite pensé à vous quand j'ai entendu la nouvelle...sans savoir qu'un de mes cousins est actuellement en vacances à Santiago. Tout le monde va bien, quel soulagement !!!
Rédigé par : Modena Family | 01/03/2010 à 06:05
Soulagée de lire ceci même si on ne se connait pas. Je suis comme d'autres une lectrice anonyme (qui a connu ce blog par Angel)qui apprécie tes écrits depuis déjà un moment sans intervenir.
Beaucoup de courage depuis la Belgique.
Rédigé par : zizabel | 01/03/2010 à 06:09
Soulagés pour vous, et dans l'espoir que cette aventure ne vous gâchera pas la vie au Chili.
Aventure est un mot faible pour nommer ces cataclysmes, qui rappellent à l'homme sa fragilité et l'invitent, cruellement, à moins ignorer et moins mépriser la nature pour mieux faire face à ses déchaînements...
Que dites-vous de l'avant-dernière phrase de cet édito ?
"De l’autre côté du monde, au Chili, si proche de la France par la sympathie, une catastrophe dont on parlera moins - étrange loi de la proximité - donne la même leçon. Un tremblement de terre d’une intensité plus forte que celui de Port-au-Prince, aboutit à un bilan humain certes dramatique, mais plus de trois cents fois inférieur à celui d’Haïti. La différence ? Le niveau de vie, bien sûr. Mais aussi l’existence d’un État stable et compétent, qui prévient les aberrations architecturales et organise les secours. Les Chiliens, comme les Français, ont des fonctionnaires nombreux et compétents. Ils doivent s’en féliciter."
Joffrin dans Libé
Rédigé par : PMB | 01/03/2010 à 06:11
Comme tous les autres, j'ai pensé à toi et ta famille pendant tout le week-end mais je n'avais pas internet pour être rassurée. Voilà qui est fait.
Bon courage à tous ceux qui en ont besoin au Chili.
Rédigé par : Madeleine | 01/03/2010 à 06:19
Ouf !
Rédigé par : zélie | 01/03/2010 à 06:20