Les travaux avancent à un rythme assez chaotique. Nous avons détruit, arraché, sorti tout ce qui pouvait l'être. Et derrière les parois apparaissent les surprises. Surprises qui n'en sont pas puisque nous nous avions budgeté quelques réparations supplémentaires. Nous avons profité de cette mise à nue pour refaire intégralement l'installation électrique. C'est certainement le domaine le plus inquiétant en matière de construction chilienne. Une des maisons qui nous intéressait a pris feu récemment dans la cuisine. Après enquête de notre électricien, il s'est avéré que les ouvriers avaient changé au dernier moment les câbles pour des plus fins empochant la différence. C'est très courant ici. Une des règles d'or des chantiers est de n'amener que le matériel nécessaire pour la journée et de vérifier qu'il est bien utilisé et non pas son erzatz moins cher et de moindre qualité. Même si nous avons raisonnablement confiance dans nos ouvriers, nous multiplions les contrôles sans prévenir, ce qui nous a permi de remettre dans le rang un tire-au-flanc.
Nous sommes passés par des phases de doute extrême cette dernière semaine. C'était la pire configuration, la maison était de plus en plus nue tandis que nous dépensions de plus en plus d'argent en matériel. Cette phase est passée, les sols sont nivelés et lissés, le sable s'est transformé en béton et tous les câbles sont entrés dans leurs tubes. Désormais nous allons faire pouvoir choisir les détails de décoration.
Calina enfle de plus en plus et continue de se découvrir une maladie incurable par jour. J'essaie d'être le plus agréable possible mais je commence à avoir hâte qu'elle parte en congé maternité pour ne plus l'entendre se plaindre. Les hypocondriaques ont un effet très irritant sur mon système nerveux. Un peu comme la goutte d'eau du supplice chinois. Heureusement, j'arrive à cacher mes pensées derrière un agenda très très chargé.
Et puis notre vieille folle de propriétaire a décidé de revenir à la charge. Elle exige, trépigne, tempête que nous payions le loyer complet avec les égouts dans le jardin à la vue et des seaux pour récupérer l'eau dans chaque pièce. Après l'avoir prévenue, nous avons porté plainte chez les carabiniers et auprès des services de santé municipaux. Nous attendons de pied ferme l'inspecteur et il y a fort à parier que nous allons tout droit vers un nouveau procès.
Quel courage Sophie ! Je crois que l'histoire concernant votre propriétaire me minerait plus que de raison.
Et tout comme toi, les hypocondriaques me fatiguent immensément !
Rédigé par: Valérie de haute Savoie | 05/07/2009 à 04:05
Mais Valérie, ne disais-tu pas l'être ? :-D
Les histoires de propriétaire ont sur moi un effet ravageant. Maintenant pour me calmer je me remémore la Chanson du Dimanche dont c'est le thème, avec de très belles mimiques et intonations :-)
Rédigé par: dieudeschats | 06/07/2009 à 07:33
Pssst, Monsieur Sophildel'eau... oh pardon, Olivier. Il faudrait penser à lui offrir un nouvel appareil photo. c'est assez frustrant de ne plus pouvoir se projeter dans votre belle maison (enfin, je dis belle, mais vu que je ne sais plus comment elle est). Je dis ça juste au cas ou tu lirais les commentaires de temps en temps...
Rédigé par: agnès | 06/07/2009 à 10:49