Après les conversations raffinées de la Nouvelle Angleterre, nous voici au paradis du dollar et du corps : Miami. J'étais persuadée que la Floride et donc Miami était remplies de retraités promenant leurs caniches sous les palmiers. Il semblerait que Miami ait chassé ses retraités effrayés par le coût de la vie. La ville est jeune, flamblante et croulant sous l'argent. C'est effrayant. Arrêtés à un feu rouge, nous comptons comme des enfants : trois porsches, six BMW, deux Bentleys et une Lamborghini. Les "gated" communautés aux maisons à un million se succèdent. Tout est propre, les yachts garés sur les canaux devant des pelouses impeccables. Les panneaux foreclosure souillent ces quartiers luxueux. Comme des lépreux libres dans la rue.
Miami ville libre où l'on boit, fume, se tatoue, se pierce tout ce que l'on peut se piercer (et parfois ce qu'il vaudrait mieux éviter), vu la taille des muscles on s'injecte aussi ce qui ferait rougir un coureur du Tour de France. Ville des extrêmes où tout s'exhibe. Les jeunes filles en montrent trop. Mon coeur de mère vieux jeu se serre. N'y-t-il personne pour leur rappeler que l'élégance est souvent de ne rien montrer? Il doit y avoir un rationnement de tissu que j'ignore. Miami la ville qui vole l'innocence des adolescents.
Miami la ville où l'on ne parle plus Anglais. Les serveuses et les escortes ont des yeux de chat. Leurs grands-mères patinaient sur le lac Baikal, elles nagent dans des eaux plus troubles. l'Espagnol est la langue officielle. Les latinos s'étonnent : tu n'es pas gringa mais ton accent est étrange, d'où viens-tu Lolita? J'ai cessé de me poser la question. Mais ce que je peux vous dire c'est que Sophie l'observatrice au pays des apparences est heureuse comme l'alligator dans son marais.
Tiens...la couleur est revenue !
Rédigé par : Clea | 03/05/2009 à 02:53