Voici un communiqué d'un ami français qui commence à aider.
Séisme Chili 2010: bilan de l’Association « Chile Francia unidos » en date du 3 mars 2010
Quatre jours après le terrible séisme qui a dévasté toute la région centre sud du Chili, notre petite association estime que, si l’on peut constater quelques améliorations ponctuelles, la situation est catastrophique et d’une ampleur exceptionnelle. Compte tenu des dégâts considérables, de la désorganisation engendrée, des pertes humaines et de l’impact psychologique, celle-ci risque de se prolonger durablement dans le temps. Si certains parlent déjà de reconstruction, nous devrons faire face, pour encore plusieurs semaines, à des besoins d’urgence en eau, vivres, vêtements, médicaments, combustible, moyens de communication et équipements divers permettant de survivre de manière autonome.
1-Aperçu général de la situation
Les bilans officiels font aujourd’hui état de 795 morts, un nombre inconnu de disparus probablement supérieur à la centaine, 2 millions de maisons et d’édifices détruits ou sérieusement endommagés. Le séisme conjugué du tremblement de terre et du raz de marée qui l’a suivi a touché toute une zone comprise entre Temuco au sud et Santiago, Valparaiso au nord, soit un espace de 1000 kilomètres du nord au sud sur 80 à 150 d’est en ouest. Pour donner une idée de son amplitude, progressant d’ouest en est en forme d’arcs concentriques, toute la côte comprise entre Lebu, 80 kilomètres sud de Concepcion et San Antonio, 250 kilomètres nord, a été sérieusement touchée. Peu après le tremblement de terre de magnitude 8,8 qui a détruit, endommagé ou ébranlé toute l’infrastructure, des vagues de 3 à 10 mètres ont littéralement dévasté tout le bord côtier de 100 mètres à plus d’un kilomètre à l’intérieur des terres entre Talcahuano et Pichilemu. La mer est entrée 300 mètres à l’intérieur de Talcahuano, détruisant tout sur son passage. Talcahuano est le deuxième port du Chili. La station balnéaire de Dichato est détruite à 80%, la ville de Constitucion de 50 000 habitants est dévastée à 60%. Iloca, Cobquecura, Curanipe, Tumbès ont été rayés de la carte. Concepcion, seconde ville du pays, plus d’un million d’habitants est la plus touchée par le tremblement de terre. La banlieue de Concepcion, San Pedro au sud, Chiguayante et Hualqui 20 et 30 kms plus à l’est, a été sérieusement dévastée. Des villes comme Temuco, Chillan, Talca entre 120 et 200 kilomètres plus loin ont été sérieusement touchées. Enfin, à 600 kilomètres plus au nord, la capitale Santiago a elle aussi subi des effets destructeurs d’importance, comme des ponts d’autoroute effondrés, des immeubles partiellement endommagés sinon suffisamment abîmés pour être déclarés insalubres. D’une manière générale, les constructions les plus anciennes ont été affectées ou détruites, alors que les plus modernes ont bien résisté sans doute en raison de l’application de règles sismiques. On rencontre toutefois quelques exceptions d’importance, notamment à Santiago.
2- Les problèmes
Le gros des pertes et des dégâts matériels a été le fait du raz de marée qui a suivi. Les nappes souterraines et les espaces inondés par la mer ont été très certainement affectés par la salinité, voire pollués par d’autres effluents provenant d’usines côtières, nombreuses dans la zone, elles aussi inondées. Dans la région de Concepcion et sur toute la bordure côtière la plus dévastée, toutes les matrices d’adduction d’eau ont été endommagées. Le problème de l’eau est crucial. C’est la priorité en ce moment. Il devrait le demeurer pour plusieurs semaines à Concepcion, mais sans doute pour plusieurs mois à Constitucion et dans les secteurs plus éloignés ou moins accessibles comme Iloca, Curanipe,Tumbes et Cobquecura.
Le second problème est l’absence d’énergie électrique qui bloque toute la chaîne de fonctionnement : pas d’éclairage, mais aussi, pas de communication, pas d’alimentation des pompes électriques. Ce problème est en cours de règlement par les autorités locales, mais les efforts portent sur les grandes villes et, à l’intérieur de celles-ci, sur les organismes fondamentaux, comme les institutions, les établissements sanitaires, ceux de sécurité. Les petites villes de banlieue et, en leur sein, les quartiers le plus souvent les plus pauvres, ne feront pas partie des premières priorités. Pour ce qui les concerne, ce besoin en électricité, va perdurer plusieurs semaines.
Dès le début se posait le problème des vivres, car les habitants ont quitté en toute hâte et de nuit leurs habitations et n’ont survécu qu’avec le peu de rations qu’ils ont pu emporter, le plus souvent rien. Ce problème semble avoir été pris en compte depuis hier grâce au déploiement des unités militaires et à l’arrivée des aides internationales. Toutefois, cette aide est plus souvent orientée vers des organismes sociaux, les sites où ont été regroupés des habitants. Mais nos informations, du moins celles d’hier soir, nous permettent de penser que beaucoup de gens sont isolés. Soit sous la tente dans les collines dominant les villages qu’ils ont quittés, soit dans leur maison endommagée et qu’ils ne veulent pas quitter du fait de la recrudescence des pillages. Les vivres demeurent donc une nécessité. Mais parmi elles, du lait pour les enfants, de la farine et les ingrédients pour faire du pain, des féculents, mais aussi des produits frais qui ne peuvent être qu’acheminés de l’extérieur de la zone la plus sinistrée. A Santiago, nous trouvons absolument tout. A cela il faut ajouter des besoins plus spécifiques comme les serviettes hygiéniques pour les femmes, les couches de bébé, l’eau de javel, du savon.
Le problème des vêtements va devenir plus important avec le temps. Ce sera sans doute l’un des points à considérer dans la fourniture des moyens pour les semaines à venir. En y intégrant des vêtements plus chauds. Car nous allons entrer peu à peu en automne. Fin mars les nuits seront nettement plus fraîches. Aux vêtements chauds, il faudra ajouter des couvertures. Par ailleurs, en bordure de côte, il faudra s’attendre aux premières pluies, notamment dans la partie sud dès le début avril, soit dans à peine un mois.
Le problème sanitaire est aussi crucial, mais il s’inscrit davantage dans une perspective macroscopique. En effet 9 hôpitaux ont été détruits ou sont rendus inutilisables. Le réseau médical va demeurer perturbé pour encore plusieurs semaines, notamment pour faire face aux urgences hors des gros centres.
Je ne ferai qu’évoquer le problème de la sécurité qui, bien qu’important, par la recrudescence des pillages, sort de notre champ d’action. Il semble de plus être en cours de règularisation par l’arrivée des forces militaires et l’instauration localement du couvre-feu. Mais celui-ci a une incidence forte sur notre action, il réduit considérablement notre durée opérative, seulement de midi à 21 heures, durée encore diminuée par le temps d’attente aux différents points de contrôle rencontrés. De plus sur les axes non sécurisés, le risque du pillage n’est pas à écarter. Il convient donc de privilégier des convois aux véhicules isolés. Pour le moment nous ne savons pas combien de temps cela va durer. Mais il est clair que lorsque les forces se retireront, si la situation n’a pas retrouvé sa normalité, le risque de l’insécurité redeviendra patent.
3- Notre action
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Face à la désorganisation initiale, puis au centralisme pesant qui s’est instauré depuis deux jours, la population non touchée s’est inquiétée pour ses proches et à commencer à réagir, d’autant que les messages reçus étaient alarmants.
Ce fut notre cas. A notre initiative, Olga Valderrama et Jacques Le Bourgeois, nous avons constitué un réseau d’entraide entre amis, pour la plupart originaires de la région de Concepcion, et nous avons entrepris de venir en aide à nos familles. Nous avons centré notre action sur cinq sites, Concepcion, Talcahuano, San Pedro, Chiguayante et Hualqui. Pour l’instant, le réseau ainsi constitué concerne vingt familles. Un premier convoi de deux véhicules est en route vers Concepcion avec 200 litres de combustible, 250 litres d’eau, un groupe électrogène, un notebook permettant de se communiquer et des vivres.
Notre intention est de mettre sur pied localement un site actif à Talcahuano en liaison avec nous à Santiago et assurant le relais avec les autres familles auxquelles il redistribuera les vivres. Ce système nous permet de suppléer aux limitations de circulation rencontrées sur zone et entretient un esprit de solidarité rassurant. Nous réaliserons un second dispositif dès que possible plus à l’est, sans doute Hualqui. Tout ceci est fait grâce à nos propres subsides. Il est clair qu’ils vont s’avérer très rapidement insuffisants. Avec nos seules ressources, nous ne serons pas en mesure d’armer plus de deux sites, ni effectuer plus de deux convois dans le mois. Or comme nous l’avons indiqué plus haut, les besoins vont perdurer, et sans doute augmenter, car le réseau va s’étoffer localement.
Le second problème auquel nous sommes confrontés est celui de la nature de l’aide. Hier, nous avons eu un long entretien avec des responsables de l’ambassade de France à Santiago, notamment avec l’attaché de défense. Il ressort que l’ambassade ne peut pas faciliter l’introduction sur le territoire chilien de matériel et denrées venant de l’étranger à cause de la réglementation chilienne. Par exemple, nous ne pourrons pas échapper au paiement des taxes douanières. Des exceptions sont faites pour des gros organismes reconnus internationalement comme la Croix Rouge, mais rien ne sera fait pour des particuliers comme notre réseau. En conséquence, la seule aide possible est l’argent. Nous y reviendrons.
Pour terminer en ce qui nous concerne, nous agissons pour le moment dans le cadre légal d’un groupement de voisins, « Junta de vecinos n· 35 Bellavista » dont le siège est à Recoleta. Mais de façon à préserver la spécificité de notre action et garantir notre autonomie, nous sommes en train de faire reconnaître notre association, « Chile-Francia unidos » dotée d’une personnalité juridique et d’un compte bancaire. La structure sera officielle dans un délai de l’ordre d’un mois. En attendant, nous fonctionnons dans le cadre de la Junta de vecinos. Nous disposons déjà d’un compte bancaire qui est actif, ainsi que d’une adresse INTERNET. Le compte bancaire est celui d’un particulier, mais il permet de recevoir de l’argent de l’étranger.
4-Besoins
Comme on le voit, les besoins sont énormes et urgents. Mais la seule aide qui nous sera utile est l’envoi d’argent. Avec cet argent, nous procèderons à l’établissement de nouveaux sites d’action locale en fonction de l’élargissement de notre réseau. Pour le moment, trois sites nous paraissent nécessaires : un à Talcahuano en cours de réalisation, un second à Hualqui vers l’est qui couvrira Chiguayante et éventuellement un troisième à San Pedro en direction du sud. Chacun de ces sites, pour être efficace, doit comprendre un petit groupe électrogène, une allocation en carburant de 200 litres, au moins 200 litres d’eau, un notebook avec dispositif de comlmunication et des vivres à la demande. Chaque site peut se réaliser avec un apport de 600 000 pesos chiliens pour l’achat du matériel, soit de l’ordre de 800 euros. Il nous faudra effectuer dès que possible trois voyages avec une camionnette, type pickup. Un aller et retour Santiago-Concepcion en camionnette coûte de l’ordre de 80 000 pesos en carburant. (1100 kilomètres AR plus 100 kilomètres sur zone), soit 120 euros au cours actuel.
Par ailleurs, il nous faudra procéder à l’achat de vivres, puis de petits matériels comme les couches de bébé, les serviettes hygiéniques et autres besoins en fonction de la demande.
Enfin, il est probable que nous devrons remettre localement un peu d’argent aux responsables de famille, car tant que le réseau bancaire n’est pas rétabli, l’argent liquide, seule monnaie acceptée dans ce type de situation, sera nécessaire et les familles seront pour un long moment sans ressources.
Nous estimons que pour ce qui concerne notre réseau, aux dimensions que nous avons décrites ci-dessus, une aide minimale de 4000 euros est nécessaire.
Il est clair que si le réseau s’étoffe, ce qui ne va pas manquer compte tenu des contacts qui vont se faire localement, si l’on y intègre d’autres personnes, au minimum les voisins des sites activés, s’il est nécessaire de créer d’autres sites, et si la situation ne change pas ou peu dans le mois qui vient, l’aide devra être nettement plus conséquente.
Ceci peut se réaliser sous la forme de dépôts en euros à partir d’une banque française au profit du compte dont nous décrivons les caractéristiques ci-après.
Nous procéderons sur place à l’achat des denrées, des matériels et des équipements nécessaires dont nous effectuerons nous-mêmes la redistribution. Nous nous engageons à établir un bilan chiffré de notre action pour tenir informé le donneur du devenir de l’aide offerte.
Si des collectes de vivres et de matériels ont déjà été faites, la recommandation est de prendre contact avec la cellule de crise du Quai d’Orsay pour qu’elle procède à l’acheminement de cette aide vers le Chili. Il convient de savoir que cette aide sera absorbée dans le flot général, mais n’ira certainement pas à des destinations que le donneur aurait souhaitée plus ciblées. Dans cette perspective à plus large échelle qui sort de notre compétence, il nous apparaît que les besoins urgents sont la construction de bungalows, la mise en place d’hôpitaux de campagne, l’installation d’équipements de purification des eaux et la mise en place de moyens de communication satellitaires.
5-Caractéristiques du compte bancaire et adresses INTERNET
Compte bancaire : Banco de Chile oficina Huerfanos 740,
adresse : Huerfanos 740, Santiago, Chile
SWIFT: BCHICLRM
Nom du détenteur: Victor Fernando Valderrama Vergara
RUT (Cni) : 2407004-2
N° de compte : 50-877-147-50-9
Banco Ewards Citi (cette banque appartient à Banco de Chile)
Adresses INTERNET :
Email : chilefrancia-unidos@hotmail.fr
le-bourgeois.jacques@orange.fr
Téléphones : fixe 56 (2) 526 94 12
Mobile : 841 90 736
Au retour de notre première mission sur zone, nous établirons un second bilan qui pourrait préciser, voire compléter celui-ci. Celui-ci pourrait se faire dès le début de la semaine prochaine.
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